La peur...et après

La peur...et après

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24, 35-37
En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain. Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous !» Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit….
Et après... Seigneur
Invisible, il est entré dans notre demeure,
En a fermé la porte avec la clé de la peur,
Et nous voilà assis, inquiets pour notre avenir,
Prisonniers dans les murs de notre empire.

Nous pensions maîtriser le ciel et la terre
Et mettre à genoux toute force contraire
Mais ceux qui ont dû prendre le train sans retour
Nous disent que les rêves meurent au lever du jour.

Retournerons-nous à cette ardente frénésie
Qui brûlait notre temps au feu de nos désirs
D’insatiables et obstinés consommateurs
Encore trop peu conscients d’être si pollueurs ?

Aurons-nous appris au cours des longues heures
De confinement que demain est aussi incertain
Que ce qui se cache dans le creux des mains
Et fait de nos amis d’éventuels contaminateurs ?

Nous redirons-nous que nous sommes embarqués
Sur un même bateau poussé par les mêmes vents,
Et qu’il nous faut, comme le vieux Noé en son temps,
Prendre soin du moucheron et de la colombe de la paix ?

Il fallut quarante jours et quarante nuitées
Pour attendre que la terre, enfin apaisée,
Le laisse, en nouvel Adam, prendre pied
Avec l’arc en ciel comme signe de fraternité.

Ne faut-il pas apprendre plus de modération
Et trouver dans nos quelques maigres restrictions
Le signe de la grande désolation de notre cœur,
Dès que l’inquiétude lui fait prendre grande peur ?

Prendre le temps de cette vacance des rues
Pour trouver dans leur silence une invitation
A rentrer en soi pour une pieuse méditation
Sur nos pourquoi et nos comment éperdus.

Seigneur,
Donne-nous de découvrir dans notre retraite forcée
Que l’écoute et le dialogue peuvent ouvrir nos fenêtres.
Aide-nous à mettre la solidarité à nouveau retrouvée
Au cœur de nos cheminements vers le mieux-être.

Aloyse SCHAFF


  • Partager :